Premier album du groupe Index


Après des années d'attente, le premier album du groupe Index est enfin dans les bacs. Sur un air universel, ce quintette s'offre un album rock mais aux sonorités algériennes. A l'image de la musique actuelle, Index nous plonge dans un monde où le rock se mêle au chaâbi, au gnawi, au kabyle ou encore au staiti et au chaoui. Une fusion qui marque par ses sonorités telle l'empreinte d'un Index qui s'élève.

Samar Smati - Alger (Le Soir) - Il aura fallu des années de concerts, le travail acharné de cinq musiciens, ainsi qu'une coproduction entre le Collectif 33 Tours et la Radio algérienne pour que naisse enfin un album que les adeptes attendaient avec impatience et qui devrait ravir ceux qui ne connaissaient pas encore la formation.

Massinissa, chaoui jusqu'aux tripes

Le Matin : Pourquoi as-tu refusé de participer au festival international de Timgad ?

Massinissa : Je n'ai jamais refusé de participer au festival international de Timgad ... vous parlez du mahrajene qui a eu lieu à Timgad au mois de juillet, l'affiche du festival n'était même pas disponible dans mon village ni le programme d'ailleurs. Ousmani, éditorialiste à la revue de l'ENTV Echacha dans son dernier numéro, a qualifié le festival de fête de village et je suis entièrement d'accord avec lui, même si c'est dit pour nous tourner en baudets ...

Pourtant, nous t'avons bien vu dans la bande-annonce du mahrajene ...

On ne m'a jamais demandé mon avis ci ce n'est pas la première fois El oukht el muhtarama est capable de me passer comme présentateur d'une causerie religieuse ou d'un bulletin météo. Qui peut l'en empêcher ?

Kamel Messaoudi - Ya noujoum elil



Kamel Messaoudi, né le 30 janvier 1961 à Bouzaréah en Algérie, décédé le 10 décembre 1998 d'un accident de voiture à Alger en Algérie, était un chanteur et musicien algérien de Chaâbi.
fr.wikipedia.org - Kamel Messaoudi



Cocktail chanteuses et chanteurs algeriens (NB)




Entretien avec Mohamed Rouane

Époustouflantes, l'ambiance et la féerie que peuvent libérer les cordes d'un mandole. Un visa pour le monde et le temps. C'est ce à quoi ont eu droit les spectateurs du concert de Mohamed Rouane à la salle Ibn-Zeydoun, mardi dernier, pour l'interprétation en live de son nouvel album de Casbah Jazz, Rêve. Rêve est le premier morceau de cet album, il met en lice, après une introduction devenue populaire ces derniers temps grâce à la radio El Bahdja, les percussions de la batterie de Nazim Ziad, qui se posent sur la mélodie du mandole tel un voile transparent qui laisse transpirer la mystérieuse beauté d'une mariée. Subtilement et respectivement, Rouane fait côtoyer la modernité et la tradition, faisant valser son mandole blanc entre un rythme sahraoui jazzy et un flamenco châabi inspiré d'un certain El-Hadj Mohamed El-Anka. Sa musique offre un magnifique paysage aux différents styles algériens et d'ailleurs, une ère nouvelle pour des airs anciens. Les compositions de Rouane nous invitent à voyager, pieds nus et yeux fermés, sur les terres musicales paisibles de l'Algérie profonde. Jeune Algérois atypique et sympathique, père de famille, nous retrouverons Rouane le lendemain dans son accoutrement sahraoui pour l'écouter parler de son monde et de son Rêve.

Chaabi, vecu et identite

Le déracinement et l'exode massif sont vécus comme de simples translations dans l'espace. Le chaâbi, véritable phénomène culturel, est d'essence nostalgique, né de la rencontre, nécessairement frictionneHe et enrichissante, d'un vécu culturel, d'une culture originelle d'avec une réalité et un milieu cosmopolites tel que devait être Alger sous l'empire Ottoman.

Le déracinement et l'exode massif sont vécus comme de simples translations dans l'espace ; ce n'est qu'avec le temps et les nouvelles générations que s'estompe cette sensation de translation ; de nouveaux repères s'érigent petit à petit, un vécu s'élabore, une espèce de deuil s'instaure pour donner naissance ou enfanter d'un autre vécu culturel, le temps et l'espace étant désormais maîtrisés. Mais l'empreinte du passé demeure ; les repères originels ayant été déplacés, cette empreinte devient quelque peu ésotérique que seuls les initiés entendront et saisiront ; les parlers d'Azeffoun et de la Casbah ayant évolué séparément et s'éloignant de fait l'un de l'autre, l'aspect initiatique s'accentue avec le temps. L'approche métaphysique, l'appréhension du monde, la sensibilité devant les éléments naturels ne sont pas perçues de la même manière. Si pour la Kabylie, en général, même s'il y a eu évolution, celle-ci a été réalisée dans une relative continuité malgré les soubresauts qu'a connus cette région; comme toute l'Algérie d'ailleurs.

Portrait de Cheikh Mohamed Tas

Immodérément attaché au style d'El-Hadj M'hamed El-Anka qu'il considérait comme l'incarnation affinée du genre chaâbi, Mohamed Tas, fougueux d'être de la trempe de son maître spirituel, ne pouvait s'empêcher d'aller sur les brisées de celui qu'il a mis sur un piédestal pour l'avoir conquis à jamais.

Né le 7 octobre 1926 à Blida, Mohamed Tas, emporté par l'ambiance artistique qui régnait dans la ville des Roses, se verra, sans qu'il s'en rende compte d'ailleurs, incorporé dans une formation musicale alors que son âge ne dépassait pas la quinzaine. Il s'initiera d'abord à la musique arabo-andalouse de laquelle il puisera les rudiments de l'art lyrique algérien pour se résoudre ensuite à se lancer dans le chant de la poésie du melhoun des grands bardes de la littérature populaire maghrébine. Mais autant dire que ses débuts dans la musique cher à Zyriab étaient loin de lui être vains surtout lorsqu'on a été à la bonne école. Avec ses camarades Ali Metidji, Mohamed Khodja, Mohamed Misraoui, Mohamed Saoudi et Yahia Brazi, Mohamed Tas va suivre les enseignements que leur prodiguait Hadj Medjbeur au café Bougaâda.

Sûr de son apprentissage, aussi bien sur le plan vocal qu'instrumental, Mohamed Tas animera, au début des années 1950, des fêtes familiales en imitant les ténors de son temps que son Hadj M'rizek, Abdelghani Bouchiba, M'khlilef Bouchaâra et à l'évidence El-Hadj M'hamed El-Anka qui restera une idole d'où il puisera sa matière. Avec un orchestre composé de Mohamed Benaïcha au luth et de Yahia Brazi à la guitare, il reproduisait les succès en vogue à cette époque mais surtout les qaçaïde de Kaddour El-Alami, de Ben Ali Ould Er'zine et de Lakhdar Benkhelouf entre autres.
on compagnon, le regretté Mustapha Belarbi qui fut un mélomane averti et un émérite connaisseur de la poésie populaire que plusieurs jeunes artistes venaient s'abreuver à sa source, l'informait souvent de la venue à Blida d'El-Hadj M'hamed El-Anka pour l'animation des mariages chez les familles blidéennes. Ainsi donc, aucune qaâda dans les attrayants patios de leurs maisons au style mauresque et au parfum féerique des jasmins et des fleurs de citronniers, ne pouvait se dérouler sans que les deux admirateurs d'El-Anka y assistaient. Cette frénésie pour l'art musicale populaire va durer à un point tel que le répertoire de M'hamed El-Anka sera appris par coeur par Mohamed Tas, tout comme l'influence dans le jeu du mandole adopté par El-Anka va lui servir admirablement pour entrer par la grande porte dans le monde du chaâbi. Ce savoir musical, Mohamed Tas va le mettre, à partir de l'année 1958, au service des malades mentaux à l'hôpital psychiatrique de Blida pour contribuer avec Amar El-Achab, Abderrahmane Aziz et Ali Riyahi à la musicothérapie lorsque Makhlouf Lango, alors responsable dans cet hôpital, le fera venir. Après l'indépendance, Mohamed Tas va se lancer dans des tournées artistiques avec Rabah Driassa.

Et ce sont les habitants des villes de Médéa, Sour El-Ghozlane, Berrouaghia, Khemis-Miliana, Relizane ... qui vont se réjouir pendant deux années des chants, l'un dans le genre sahraoui et l'autre dans le chaâbi, des deux artistes.

Avec la troupe théâtrale de Ahmed Bentchoubane composée entre autres de Seloua, Mahmoud Aziz et Khoudhir Mansour, il se produira à raison de deux spectacles par soirée dans des tournées au Sahara et ce, jusqu'à 1964. A la même année, Mohamed Tas sera invité par Habib Skandrani, président du Mouloudia Club d'Alger à participer à la grande fête des arbitres algériens avec Mohamed Lamari, Fadhila D'ziria et d'autres sous la direction de Hadad El-Djilali. Mais à partir de 1975, Mohmed Tas décidera de mettre son expérience au profit des jeunes. D'abord au sein de l'association El-Widadia, ensuite à Nedjma où il enseigne, jusqu'à nos jours, le genre musical populaire aux élèves de cette formation.

Toutefois son sacrifice n'a pas été vain.

Le 10 novembre 2003, la commission culturelle de la mairie de Blida, sous la férule de son président, M. Ahcène Bouchelaghem, lui a rendu un vibrant hommage au cours duquel Mohamed Tas avait chanté au nombreux public présent une chanson chère à Hadj El-Mahfoud : Va h'mama noussik (Je te conseille ô colombe).

M. Belarbi
Le Soir d’Algérie jeudi 25 décembre 2003


Lounis Ait Menguellet, l'emissaire des survivants


C'est aux moments graves de notre existence, c'est quand on a mal à notre pays, que la poésie de Lounis Aït Menguellet surgit, telle une tornade, pour emporter nos découragements et semer le doute dans nos fausses certitudes.

Mais, il est difficile d'écrire quoi que ce soit sur une oeuvre d'Aït Menguellet sans devenir très vite pompeux, dérisoire, ringard. Alors on a envie de se taire. Surtout ne pas creuser la douloureuse bagarre qu'il mène avec les mots. Des mots irrigués par un pays " volcanique ".

" Siwel iyid tamacahut ", s'adresse surtout à ceux qui sont aux prises avec un pays insaisissable où les choses sont dites à demi-mot, ceux qui évoluent dans d'innombrables nuances de gris, confrontés sans cesse à des choix incertains et guidés par d'imprévisibles passions.

Les ogres et les monstres
N'existent pas
Ils me ressemblent
Regarde,
Ils sont en moi.

Ce n'est pas une société en transformation que décrivent les nouvelles chansons de Lounis, même pas une société en crise, mais un pays paroxystique en état d'explosion et de décomposition permanentes. Un pays convulsionnaire d'où toute raison a été chassée.

" Asiwel " (l'appel) ou " Aseggwas " (l'année), parlent de la folie et de la tragédie algérienne en mêlant audacieusement la réalité et les mythes, la brutalité de l'histoire et l'espoir des êtres, la violence des rapports humains et l'humour lucide de la raison.

En cultivant le vide Nous y sommes tombés ...
De minables ruisseaux
Ont rejoint les torrents
Les insouciants sont emportés
Les rescapé ? deviennent mémoire
Vous qui l'aimez, Vous ne pouvez vous reposer.

"Amedyaz" (le poète), cherche à dépasser le tragique dans la mesure où le texte affirme la complexité de ce pays, affirme que toute tentation démagogique est illusion, que l'Algérie dès l'origine était complexe, que l'âge d'or n'a jamais existé et qu'il reste en fait à créer.

Ni guerre, ni paix
Ni bourreaux, ni victimes
Quand la sagesse manque
L'arbitraire règne
Et au milieu du feu
Désarmés, nous errons.

Des hommes qui se fondent en longues trames, éclatent en séquences dramatiques ou luisent solitaires comme des veilleuses dans l'obscurité d'un pays. Tous les mots du poète dessinent des images de ces hommes évanouis dans la mort. Apocalypse d'une terre qui périt par là où elle a péché.

Nous méritons nos gouvernants
Nous prêtons le flanc
Et appelons les coups
Nous sommes les armuriers
De nos assassins.

Des mots vertigineux qui permettent au poète de faire sien ce langage qui ose tout, du burlesque jusqu'à la tragédie.

D'une guère à l'autre, les augures s'interrogent, serions-nous à la fin d'un cycle guerrier ou au début d'une répétition ? Dans l'ultime spasme d'une crise millénaire ou au bord d'âges déjà vécus ? Lounis, conjure comme il peut les spectres qui nous sont si familiers.

Nous voyageons
Nous te quittons
Mais, tu restes
Notre remède, notre refuge
Où veux-tu qu'on aille
Tu es notre seul bien.

Aujourd'hui encore, où tant de discours de haine et d'exclusion empoisonnent nos existences, la parole poétique d'Aït Menguellet s'impose plus que jamais.

Ses paraboles étant en fait des sésames indispensables à qui veut faire face à ce tournis que nous donne l'Algérie. Il nous appelle depuis longtemps à réinventer le sens de la fraternité, voire même de l'humain et continue de secouer nos torpeurs. En peignant en gris ses nouvelles oeuvres, il a mis en lumière la réalité sordide de son pays.

Un pays fabriqué d'illusions, réservoir de turpitudes mais aussi de prouesses et d'espoirs.

Des oeuvres peuplées par un monde d'équilibristes qui avancent sans but sur un fil, balançant carrément entre la vie et la mort.

" Siwel iyi-d tamacahut ", n'est pas inutile non plus pour les politiques, les leaders d'opinion et les chefs religieux. Il n'est pas exclu que des surprises les attendent, celles-là mêmes qui stupéfient le poète lui-même.

Vous qui savez,
Vous les érudits
Racontez-nous le présent
Dites-nous ce qui nous attend
Nous avons accepté le présent
Nous avons peur de ce qui nous attend.

Ces nouvelles chansons inattendues ont quelque chose ... d'inattendu et de dérangeant. Insolent et vif, il étourdit à force de pétiller. Tant de vivacité irritera encore les grincheux. Qu'importe, chacun écoutera l'oeuvre selon son coeur. Elle est assez riche pour nourrir l'affamé, rassurer l'humilié, convaincre le sceptique.

C'est l'oeuvre d'un révolté et, en Algérie, les révoltes sont créatrices. Voilà, on vous a prévenu. Dérisoire, pompeux, ringard ...

Mais qui oserait se prétendre à l'abri d'un coup de foudre, d'une dépression ? Après un orgasme, après l'ivresse d'un alcool ou d'un fou rire, après un rêve simplement, qui ne revient à soi avec le sentiment de ne savoir guère d'où il revient, ni dans quel ailleurs il avait disparu.

Merci Lounis.

AHMED AMMOUR
Liberté dimanche 11 mai 1997

Entretien avec Kamel Bourdib


L'Expression : Votre retour sur scène a été salué par plus d'un ... pourquoi toutes ces années d'absence ?

Kamel Bourdib : Contrairement à ce qui a pu être dit à propos de mon retrait de la scène artistique, propos, en fait, infondés, je dois préciser que je n'ai à aucun moment de ma carrière pensé à mettre fin à mon parcours. Seulement, il se trouve que je suis un artiste porté sur un certain nombre de choses qui ne s'inscrivent pas forcément dans le sillage de la vision que l'on se fait de cet art. Ma culture et ma formation ne me permettent pas, en ce sens, de chanter n'importe quoi et pour n'importe qui. Ce qui a induit que les informations, qui ont circulé sur mon éclipse, ont pris une telle ampleur. A ma connaissance, il n'est un secret pour personne que j'ai toujours travaillé et privilégié un public raffiné « Douak » sans lequel, je le répète, pour la énième fois, Kamel Bourdib n'aurait pas réussi à transcender les durs échelons du succès.

A ces « mauvaises langues » je rétorque que j'ai chanté même à l'époque où le terrorisme était à son paroxysme. J'étais d'ailleurs le seul interprète, et je pèse bien mes mots, de la musique chaâbie à avoir continué à égayer les soirées familiales.

OMeR


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Entretien avec Reda Taliani

L'Expression : Peut-on connaître l'histoire de ton tube Joséphine qui a fait un tabac cette année ? Réda Taliani : En fait, j'étais en train de penser à un sujet sur l'émigration. Je voulais une chanson qui touche tout le monde. Avec des mots courants et un accent populaire. C'est le couplet du refrain qui m'est apparu en premier. Le premier morceau du refrain qui dit : « Saât tbani akliya, n'hat rassi feraya. N'dirchhoud alya ou nkhebar el boulissia, nkaraâ el machina ou nkis rouhi kbalha ... », le reste des paroles est venu tout seul. « Joséphine, Joséphine, ma derti fiya », m'est venu au moment où j'étais en train d'écouter sur El Bahdja la chanson Ya Yamma. C'est parti de là. J'ai utilisé le même mode musical pour le refrain.

C'est vrai que la chanson traite du suicide ?

Il n'y a pas de violence du tout dans la chanson ! C'est l'histoire d'un gars qui a force d'avoir marre de la vie, pense à se suicider, mais il prend conscience de sa situation et justement il ne veut pas en arriver là et demande à Joséphine de reprendre ses affaires et de partir.

Comment avez-vous accueilli, ce succès phénoménal ? Ne vous est-il pas monté à la tête ?

Il ne m'a pas impressionné. C'était le but que je m'étais fixé depuis toujours. Si ce n'était pas aujourd'hui cela aurait été demain, dans un an ou plus ... D'un côté, c'est bien d'être arrivé là où je m'attendais, parce que c'est une opportunité, une porte qui vient de s'ouvrir pour moi. Mais cela ne veut pas dire que je suis arrivé au bout, au top niveau. A partir de là commence le vrai travail. « Allez va maintenant. Fais-nous voir ce que tu sais faire ? ».

La chanson Rai de Marie Virolle


L'histoire d'une mutation idéologique
L'APPROCHE SOCIOLOGIQUE dont cette étude se prévaut vise à cerner Les publics que cette chanson a marqués et bercés de ses rythmes endiablés.

par LARBI GRAÏNE

Parce que perçue et reçue comme l'expression de l'éphémère, longtemps on a vu dans la chanson raï une sorte de marchandise artistique, versant dégradé de l'art authentique. Le côté commercial éclipsant toute originalité, négligeant toute esthétique. Pourtant, si on part du principe, comme le souligne l'auteur que « la chanson au Maghreb est actuellement le mode privilégié de l'expression culturelle » on peut alors déduire que le raï n'est pas un « épiphénomène ». C'est ce que justement s'emploie à démontrer ce livre de Marie Virolle, ethnologue chargée de recherche au CNRS. Cultivant une double distanciation par rapport à l'objet d'étude grâce à son regard d'universitaire étrangère, elle replace la chanson raï dans le contexte idéologique et sociologique de l'Algérie indépendante.

شاب نصرو - ليالي العذاب




Ait Menguellet, Il n'y a que chez nous qu'on diabolise la diversite


Celui qui utilise la force, l'humour dévastateur et la parodie pour décrire l'Algérie idyllique, nous parle des évènements qui ont secoué la Kabylie, sa terre, genèse de son inspiration.

Vous qui vivez les évènements du coeur de la Kabylie, quel est votre sentiment ?

Le plus grave dans ces événements, c'est qu'on soit encore amené à présenter des condoléances à des familles dont les enfants sont tués par les services de sécurité de leur propre pays. Il est inconcevable et inadmissible qu'on tire sur un jeune qui sort dans la rue pour crier qu'il veut mieux vivre.

Ceci dit, si l'État reste le principal responsable de la situation actuelle, il faut dire aussi qu'il y a des responsabilités qui sont partagées.

Si nos hommes politiques avaient privilégié le dialogue dans l'union, au moins en ce qui concerne les questions cruciales, à savoir la démocratique et l'amazighité, aujourd'hui le gendarme de Beni Douala ou d'ailleurs n'aura jamais pensé à tabasser un jeune et encore moins à le tuer.

Si ces mêmes hommes politiques faisaient réellement de la politique pour servir le peuple, on n'en serait pas là.

Donc aujourd'hui, au lieu d'avoir le pouvoir comme seul vis-à-vis pour ne pas dire ennemi, on doit aussi se protéger de ceux qui sont censés nous aider. Nous en sommes malheureusement là.

Association El-Fakhardjia d'Alger


Dans le cadre de la clôture de l'année scolaire, l'association andalouse El-Fakhardjia a proposé, samedi après-midi, un authentique mini-concert donné par des musiciens en herbe.



Les Rossignols d'Alger , El Fen El Açil de Koléa et El Fakhardjia d'Alger.

Ils étaient plus de vingt-cinq élèves dont l'âge oscille entre six et douze ans à se prêter au jeu instrumental et vocal avec assurance et enthousiasme à la fois. Les petits bouts de chou, beaux comme tout, avaient bien de l'allure dans leurs costumes pour les garçons et dans leurs tenues traditionnelles pour les filles. Ce spectacle original, différent de ce que nous avons l'habitude de voir, a laissé les adultes en admiration devant ces jeunes talents en herbe. C'est en présence de certaines figures de proue de la musique andalouse, dont Sid Ahmed Soin, Benchaouch Memad, Abdelwahab Nefil (président de El-Fakhardjia), Brahim Beladjrab (président de l'association Fen El Acil) ainsi que de nombreux invités que le la a été donné par le professeur Youcef Fenniche. La classe semi-supérieure et la classe pour débutants ont fusionné pour donner un éventail de morceaux musicaux choisis minutieusement par les deux professeurs en charge des deux classes, en l'occurence Youcef Fenniche et Hacène El Béjaoui. Les adultes se sont laissés mener à travers ces voix enfantines dans l'univers de la musique andalouse. Qoum tara, Sidi Aferal ma youssourouka (arrâak), Raml Maya, Zine El Ryad, Y a Mouqabil (khlass), Rit El Ryad ... sont entres autres les titres envoûtants qui ont été interprétés sans ébrécher l'âme première. Tels des professionnels, à la fin de cette prestation de qualité, les jeunes musiciens et musiciennes ont salué d'une façon magistrale le public. Un public qui n'a pas manqué de lancer des salves d'applaudissements et des youyous nourris. Le président de l'association El Fakhardjia, Abdelwahab Nefil, s'est dit heureux de relancer les petites classes. « Ces enfants ont toutes les armes entre les mains pour réussir un avenir radieux dans l'univers de la musique andalouse » dira-t-il. De son côté, le musicologue Sid Ahmed Serri a estimé que la relève est bien présente pour perpétuer l'œuvre exaltante de nos aînés : « Ils sont certes jeunes, mais ils ont encore beaucoup à apprendre. Je demeure convaincu qu'ils relèveront le défi », confie-t-il sur un ton connaisseur. Rendez-vous étant pris avec ces jeunes prodiges de la musique andalouse pour l'année prochaine !

N. C
El Watan lundi 28 juin 2010

Safy Boutella, ma musique est un metissage algerien


Il entame son parcours via le cinéma au début des années 1980, après son retour des Etats-Unis où il a étudié, 4 ans durant, la composition et la direction d'orchestre. Son genre est « pluriel » et sa musique métisse. Safy Boutella, 55 ans, pas une ride, ne nous parlera pas de « son » élixir de jouvence, et bien qu'on ne saurait un jour le qualifier de loquace, il a bien voulu s'étaler sur sa vie de musicien pas comme les autres.

Propos recueillis par Nahla Rif

M.K. (187 Clan) feat Vengeance - Djay Nahki




Khaled, figure emblematique de la musique rai


En déplacement, de Londres à Oran, sa ville natale, pour les besoins d'un tournage cinématographique de la chaîne TV britannique BBC sur l'itinéraire de sa vie artistique et l'aventure du raï, nous avons rencontré, mercredi dernier, l'enfant prodigue et terrible d'Eckmuhl, Khaled, le grand chanteur algérien de raï. A la veille d'une promotion d'envergure aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons, c'est un raïman ayant repris du poil de la bête ... de scène. Il est revenu des USA avec dans ses bagages un duo de choc et de chic raï-salsa-electro-latino avec le légendaire guitariste américain Carlos Santana. Entretien.

Propos recueillis par K. Smaïl

Interview de Cherif Kheddam

En dépit de son âge et de sa maladie, Cherif Kheddam, qui a révolutionné la chanson kabyle par ses musiques bien étudiées et bien recherchées et ses textes poétiques pleins de sens, il a tenu à assister à la célébration du 21e anniversaire du Printemps berbère qui s'est déroulée au Zénith de Paris. Son état de santé l'avait empêché de chanter. Mais il a été bien remplacé par la jeune chanteuse Karima qui a chanté ses chansons. Ainsi, cette jeune chanteuse se voit sortir de l'anonymat grâce au maître Cherif Kheddam. Ils viennent d'éditer un CD de sept chansons qui sont bien accueillies par le public. Sans surprise bien sûr. Dans les coulisses du Zénith, ce maître a eu l'amabilité de répondre à nos quelques questions, tout en nous conjurant de ne pas " trop rentrer dans les détails ".

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